
En France, selon les données de l’Assurance maladie (2024), près de 13 millions de personnes bénéficient du dispositif D’affections de longue durée (ALD) , soit environ une personne sur cinq. Le dispositif de prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale couvre les soins liés à la pathologie sur la base du tarif conventionnel, mais il laisse de côté des postes de dépenses significatifs. Ce guide fait le point sur les maladies chroniques, leur suivi médical, et les frais que vous devez anticiper. Ce contenu est publié par Crédit Agricole à titre informatif et comporte des références à ses propres produits d’assurance.
Qu’est-ce qu’une maladie chronique et quelles sont les principales pathologies concernées ?
Une maladie chronique est une affection de longue durée qui évolue lentement, nécessite un suivi médical régulier et impacte durablement la vie quotidienne. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe dans cette catégorie les pathologies qui durent généralement plus de six mois et ne se guérissent pas de façon définitive.
En France, le dispositif des affections de longue durée (ALD) recense 30 pathologies ouvrant droit à une prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie sur le tarif de base (BRSS). Parmi les plus fréquentes :
- Diabète de type 1 et de type 2
- Insuffisance cardiaque, maladie coronarienne
- Cancers (tumeurs malignes)
- Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Crohn, rectocolite)
- Sclérose en plaques
- Insuffisance respiratoire chronique (comme la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive ou l’asthme sévère)
- Polyarthrite rhumatoïde
- Maladies psychiatriques de longue durée
- Insuffisance rénale chronique
- Hépatites chroniques B et C
- Accident vasculaire cérébral invalidant
Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres pathologies chroniques comme la fibromyalgie, l’endométriose ou certaines maladies rares ne figurent pas dans la liste des 30 ALD, ce qui complique l’accès à une prise en charge renforcée pour les patients concernés.
BON À SAVOIR
La reconnaissance en ALD est accordée par votre médecin traitant, qui transmet un protocole de soins à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Ce protocole précise les soins et traitements pris en charge à 100 % au titre de votre pathologie. Les soins sans lien avec l’ALD restent remboursés aux taux habituels.
Comment fonctionne le suivi médical d’une maladie chronique ?
Le suivi des maladies chroniques repose sur un parcours de soins coordonné, piloté par le médecin traitant. Ce parcours comprend plusieurs composantes :
Consultations et examens réguliers
Selon la pathologie, le rythme varie. Un patient diabétique de type 2 consulte en moyenne son médecin traitant tous les trois mois (1) et réalise un bilan biologique (comme le dosage de l’HbA1c pour mesurer la glycémie) (2) au même rythme. Un patient atteint d’insuffisance cardiaque (3) voit généralement son cardiologue deux à quatre fois par an, avec des échographies de contrôle.
Traitements au long cours
Les traitements médicamenteux quotidiens constituent le socle du suivi. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’observance thérapeutique reste un enjeu majeur : environ 40 % des patients chroniques ne suivent pas leur traitement de façon régulière. Selon la HAS (Haute Autorité de la Santé), un défaut d’observance peut contribuer à l’aggravation des complications et augmenter les hospitalisations.
Soins complémentaires et gestion de la douleur
De nombreux patients chroniques recourent à des pratiques de soins non conventionelles pour gérer la douleur, le stress ou les effets secondaires des traitements : ostéopathie, psychologie, acupuncture, cures thermales. Ces soins ne sont pas ou peu remboursés par l’Assurance maladie obligatoire.
Quels sont les frais réels qui restent à votre charge avec une ALD ?
Le statut ALD garantit une prise en charge à 100 % du tarif de base de la Sécurité sociale. Mais ce tarif de base ne correspond pas toujours au prix réellement pratiqué par les professionnels de santé. Voici les principaux postes de reste à charge pour un patient chronique :
- Dépassements d’honoraires : un spécialiste en secteur 2 peut facturer 80 euros pour une consultation dont le tarif conventionnel est de 30 euros. L’écart de 50 euros reste à votre charge, sauf couverture complémentaire adaptée.
- Médicaments prescrits non remboursés : certains traitements de confort ou récemment déremboursés ne sont plus couverts par la Sécurité sociale.
- Médecines complémentaires : une séance d’ostéopathie coûte entre 50 et 80 euros. Un suivi psychologique hors dispositif MonParcoursPsy représente 50 à 70 euros par séance.
- Confort hospitalier : chambre individuelle, lit d’accompagnant lors d’une hospitalisation longue.
- Cures thermales : pour les patients en ALD, la Sécurité sociale rembourse 100 % du forfait thermal et les frais de transport sous conditions, mais l’hébergement et une partie des soins restent à charge.
Selon une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) publiée en 2024, le reste à charge moyen annuel d’un patient en ALD se situe entre 270 et 300 euros, avec des disparités importantes selon la pathologie et le recours aux spécialistes en secteur 2.
L’info en +
Les plafonds de remboursement des complémentaires santé varient fortement d’un contrat à l’autre. Certaines mutuelles limitent la prise en charge des honoraires à 150 % de la BRSS, quand d’autres montent à 300 % ou 400 %. Pour un patient chronique qui consulte régulièrement des spécialistes pratiquant des dépassements, cette différence peut représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Comment choisir une couverture complémentaire adaptée à une maladie chronique ?
Le choix d’une complémentaire santé quand on vit avec une maladie chronique repose sur des critères précis, différents de ceux d’un assuré en bonne santé.
L’accès sans questionnaire médical
Certaines complémentaires santé imposent un questionnaire de santé à la souscription, ce qui peut entraîner des exclusions de garanties ou des surprimes pour les personnes atteintes de pathologies chroniques. Pour contourner ce frein, vous pouvez souscrire l’Assurance santé du Crédit Agricole qui propose une formule sans formalités médicales, facilitant ainsi la prise en charge immédiate de vos dépenses de soins. » Les conditions et limites de garanties sont détaillées dans les conditions générales du contrat.
Les garanties à vérifier en priorité
- Prise en charge des dépassements d’honoraires : vérifiez le pourcentage de la BRSS couvert, en particulier pour les spécialistes.
- Forfaits médecines douces : ostéopathie, psychologie, acupuncture. Chez Crédit Agricole, les modules Soins+ et Forfaits+ incluent ces postes, avec des plafonds annuels dédiés. Sous réserve des conditions et limites prévues au contrat. Consultez la notice d’information disponible en agence ou sur credit-agricole.fr.
- Cures thermales : vérifiez si le contrat prévoit un forfait spécifique.
- Assistance en cas d’hospitalisation : aide à domicile, livraison de médicaments, garde d’enfants. Ces services sont inclus dans les contrats Crédit Agricole avec assistance renforcée.
Le réseau de soins partenaire
Adhérer à une complémentaire disposant d’un réseau de soins partenaire permet de limiter l’avance de frais grâce au tiers payant. Le réseau Carte Blanche, utilisé par Crédit Agricole, regroupe un réseau de professionnels de santé partenaires en France et pratique des tarifs négociés, notamment en optique, dentaire et audioprothèse.
Ce qui peut arriver
Un changement de situation professionnelle (passage au chômage, changement d’employeur) peut entraîner la perte de votre mutuelle d’entreprise. Pour un patient chronique, cette transition est une étape à anticiper pour continuer à se soigner sereinement. La portabilité des droits, prévue par l’ANI (Accord National Interprofessionnel), permet de maintenir temporairement votre couverture, mais elle est limitée dans le temps (12 mois). Anticiper le relais avec une complémentaire individuelle, comme les offres santé du Crédit Agricole, vous permet de maintenir votre protection sereinement.
Assurance emprunteur et maladie chronique : ce que permet la convention AERAS
La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) encadre l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque de santé aggravé, dont les patients atteints de maladies chroniques. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, le questionnaire médical est supprimé pour les prêts immobiliers de moins de 200 000 euros par assuré, sous réserve que le remboursement total intervienne avant les 60 ans de l’emprunteur. Ces dispositions légales restent pleinement applicables aujourd’hui.
Pour les emprunts dépassant ces seuils, la convention AERAS prévoit un examen du dossier en trois niveaux, avec la possibilité d’obtenir une couverture moyennant une surprime encadrée. Les conseillers Crédit Agricole peuvent vous informer sur les dispositifs existants et vous accompagner dans vos démarches.
Le droit à l’oubli, élargi en 2022, permet aux anciens malades du cancer et de l’hépatite C de ne plus déclarer leur pathologie passée après cinq ans de rémission, sans surprime ni exclusion. Conditions applicables sous réserve de la grille de référence AERAS en vigueur. Consultez aeras-infos.fr pour les dispositions actualisées.
Les informations présentes dans cet article ne revêtent aucun caractère contractuel, sont données à titre purement indicatif et n’engagent pas la responsabilité du Crédit Agricole Assurances ; elles n’ont en aucun cas vocation à se substituer aux connaissances et compétences du lecteur. Il est vivement recommandé de solliciter les conseils d’un professionnel. Certains produits et services mentionnés dans cet article peuvent être commercialisés par le Crédit Agricole : renseignez-vous sur leur disponibilité dans votre Caisse régionale. La souscription à ces produits et services peut être soumise à conditions ou à la réglementation en vigueur, ainsi qu’à l’étude et à l’acceptation de votre dossier par votre Caisse régionale. Le contrat d’Assurance santé est assuré par PACIFICA, S.A., filiale d’assurances dommages de Crédit Agricole Assurances. PACIFICA, S.A. au capital entièrement libéré de 455 455 425 €, entreprise régie par le Code des assurances. Siège social : 8-10 Boulevard de Vaugirard – 75724 Paris Cedex 15 – RCS Paris 352 358 865 – N° de TVA : FR 95 352 358 865. Les événements garantis et les conditions figurent au contrat
Sources :
1 Suivi d’une personne diabétique : les fondamentaux – Ameli
2 Diabète : les analyses de sang et d’urines – Ameli
3 Insuffisance cardiaque : suivi médical et vie quotidienne – Ameli